Parler le langage comptable

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« Récupérer une balance », « Passer une écriture », « distribuer des dividendes » … Vous n’avez rien compris ? C’est normal. C’est que vous ne parlez pas le langage comptable ! 

Quand vous discutez avec votre expert-comptable, quelques mots techniques ressortent régulièrement. Du charabia pour les uns, des banalités pour d’autres. La comptabilité a son champ lexical au même titre que n’importe quelle autre discipline.

Faisons ensemble le tour du vocabulaire technique récurrent et indispensable.

  1. Un compte comptable

C’est sûrement la notion la plus importante en comptabilité. Le compte est la méthode de classement de base de la comptabilité dans lequel sont répertoriées toutes les opérations concernant un même élément ou des éléments de même nature.

Un compte est caractérisé par un nombre et un intitulé. Les comptes sont divisés en 7 grandes classes (qui forment ensemble le plan comptable général (PCG).

  1. Une écriture comptable

Une écriture comptable est la transcription en langage comptable d’une transaction ou d’un flux grâce à l’utilisation des comptes.

En général, l’écriture mentionne le libellé de l’opération, si possible le numéro de la pièce qui justifie de l’écriture, la date, le journal auquel l’écriture se rattache et bien entendu le numéro des comptes utilisés. A noter qu’une écriture doit forcément être équilibrée, c’est-à-dire que le débit est toujours égal au crédit.

  1. Le journal comptable

Un journal comptable est un regroupement de toutes les opérations comptables d’une même nature. Ainsi la comptabilité pourra ouvrir un journal des Achats, un journal des Ventes, un journal des Opérations Diverses (OD), un journal de Banque, etc.

  1. La saisie comptable

La saisie comptable correspond à l’ensemble des écritures qui sont enregistrées en comptabilité tout au long de l’année. Généralement, c’est le comptable qui est chargé de cette tâche. Une saisie de qualité est un gage de fiabilité et un gain de temps au moment de la clôture des comptes. La saisie comptable se fait grâce à l’aide d’un logiciel dédié.

  1. Le grand livre des comptes

Le grand livre des comptes est un document qui recense l’intégralité des écritures comptables qui ont été saisies sur une période. Grâce aux logiciels de comptabilité actuels, les grands livres sont édités sous format PDF ou Excel.

  1. La balance comptable générale

La balance comptable récapitule l’ensemble des soldes de tous les comptes utilisés sur une période. Chaque ligne de la balance reprend le numéro du compte, son intitulé et son solde créditeur ou débiteur. Si la saisie a été correctement réalisée, la balance comptable doit être équilibrée : le total de la colonne débit est égal au solde du crédit.

  1. Les capitaux propres

Les capitaux propres correspondent aux fonds mis ou laissés à disposition de la société par les associés ou actionnaires (propriétaires). Ils correspondent donc à la dette que la société a envers ses propriétaires.

Dans le bilan, les capitaux propres sont constitués par certains comptes de classe 1, notamment le capital social, les réserves, le report à nouveau, le résultat de l’exercice ou encore les provisions réglementées. Les capitaux propres se retrouvent en haut du passif (Colonne de droite).

 

  1. La trésorerie

Au sein du plan comptable, la trésorerie (aussi appelée disponibilités) correspond aux comptes de la classe 5. La trésorerie correspond à toutes les liquidités dont dispose l’entreprise, que ce soit des actions, des titres de placement divers, de l’épargne ou encore des comptes courants.

Les comptes de trésorerie sont des comptes de bilan. On les retrouve donc en bas de l’actif (Colonne de gauche).

  1. La clôture comptable

La clôture comptable est le fait « d’arrêter les comptes » à la date de clôture.

C’est également l’occasion de passer des écritures dites « d’inventaire » qui consistent notamment à rattacher les charges et les produits à l’exercice auquel ils se rattachent, à évaluer les actifs à leur juste valeur en passant le cas échéant des provisions pour dépréciation ou encore à comptabiliser les différents impôts dûs par la société.

  1. Les comptes annuels

Hormis les très petites, la plupart des entreprises sont soumises à l’obligation d’établir des comptes annuels.

Le bilan, le compte de résultat et les annexes, le tout arrêté à une date de clôture définie au moment de la création de l’entreprise, forment ce que l’on appelle les comptes annuels.

Les associés ou actionnaires de la société (propriétaires) approuveront chaque année les comptes annuels lors de l’assemblée générale annuelle. On dit que cette assemblée générale est ordinaire, car régulière. Une fois les comptes approuvés, ces derniers doivent être déposés auprès de l’administration (greffe du tribunal de commerce) dans un délai maximum de 2 mois.

  1. Distribution de dividendes

Lorsque qu’une société réalise du bénéfice et qu’elle a payé son impôt, il reste une somme dont les associés ou actionnaires peuvent en partie disposer. Ces derniers peuvent en effet décider de se verser tout ou partie de ce montant, à condition bien sûr que la trésorerie (liquidités) le permette.

On appelle ce montant distribuable : le dividende.

A noter que rien n’oblige les associés ou actionnaires à se verser du dividende. Dans ce cas, le montant restant non distribué restera dans les capitaux propres et constituera une réserve disponible au bénéfice de la société.

  1. Déclaration fiscale

Une déclaration fiscale consiste en un formulaire normalisé fourni par l’administration fiscale afin de déclarer une catégorie de revenus et ainsi de calculer et payer l’impôt dû sur ce revenu.

Les entreprises, selon leur forme juridique et leur régime fiscal, peuvent être soit assujetties soit à l’impôt sur le revenu soit à l’impôt sur les sociétés.

Les déclarations fiscales doivent se remplir avec sincérité. Elles seront rendues dans les délais réglementaires sous peine d’amendes et pénalités fiscales.

Il existe une multitude de déclarations fiscales en fonction de l’impôt ou de la taxe auquel elles se rapportent.

  1. Période fiscale

Vous avez sûrement déjà été en relation avec les collaborateurs d’un cabinet d’expertise comptable. Vous avez donc entendu parler de la « période fiscale ».

Cette période s’étale généralement du 1er janvier à fin mai. Elle correspond à une époque très chargée pendant laquelle les collaborateurs devront :

  • Clôturer les comptes de leurs clients,
  • Réaliser la révision des comptes,
  • Etablir les liasses fiscales,
  • Remplir les déclarations d’impôts
  • Ou encore transmettre les informations aux services juridiques en vue des assemblées générales le tout dans les délais impartis afin d’éviter les pénalités de retard.

Cette période chargée s’explique principalement par le fait qu’une grande partie des sociétés clôturent leur exercice au 31 décembre de chaque année.

  1. Le bilan

C’est un document, généralement établi annuellement, qui présente le patrimoine de l’entreprise. Il met en évidence ce qu’elle possède (ses actifs) et ce qu’elle doit (les dettes du passif).

Le bilan peut être comparé à une photographie de l’état comptable de l’entreprise à un moment donné.

  1. Le compte de résultat

Si le bilan est une « photographie » du patrimoine de l’entreprise à un moment donné, le compte de résultat quant à lui peut être comparé au « film » qui s’est déroulé entre deux bilans.

Il récapitule l’ensemble des produits et des charges de la période, et explique donc la formation du résultat de l’exercice, qu’il s’agisse d’un bénéfice (produits supérieurs aux charges) ou d’une perte (charges supérieures aux produits).

  1.  Chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires (CA) correspond à l’ensemble des ventes de biens ou de services d’une entreprise durant un temps donné. Il s’agit d’une donnée comptable essentielle, puisqu’il représente le premier outil de mesure de performance d’une entreprise.

Attention : le chiffre d’affaires comptabilisé dans le compte de résultat n’est pas forcément égal au chiffre d’affaires encaissé, notamment quand les clients bénéficient de délais de règlement.

  1. La marge commerciale et la marge de production

Quand on parle de marge, on s’intéresse à la rentabilité d’une entreprise. Si une entreprise a une activité de négoce (achat-revente), on parle de marge commerciale. Si elle a une activité de production (transformation de matières premières), on parle de marge de production.

La marge commerciale est égale à la différence entre les ventes de marchandises et le coût d’achat de ces marchandises. La marge de production est égale à la différence entre la production de l’exercice et les achats de matières premières nécessaires à cette production. Un point d’attention : la marge, qu’elle soit commerciale ou de production, se calcule en tenant compte de la variation de stocks. On parle d’achats « consommés » de l’exercice, c’est-à-dire qu’on ne va tenir compte que des achats qui ont été effectivement utilisés (on ne tiendra pas compte des achats qui ont été stockés).

  1. Le taux de rentabilité

Il existe une multitude d’approches pour mesurer la rentabilité d’une entreprise. Mais en règle générale, quand on parle de taux de rentabilité, on s’intéresse au résultat net rapporté au chiffre d’affaires. Ainsi, si le chiffre d’affaires est de 100 € et que le résultat net est de 10 €, le taux de rentabilité est de 10%.

  1. La trésorerie

La trésorerie correspond en règle générale à l’ensemble des liquidités dans les caisses ou en banque. Elle désigne donc les sommes d’argent réellement à disposition de l’entreprise.

C’est un indicateur financier essentiel, car c’est la trésorerie qui permet notamment de faire face aux besoins d’exploitation (financement des stocks, des délais clients…). Si la trésorerie est insuffisante, l’entreprise peut être amenée à solliciter un découvert bancaire, ou d’autres solutions plus complexes (affacturage par exemple).

  1. Le besoin en fonds de roulement (BFR)

Le besoin en fonds de roulement (BFR) est une notion souvent abordée de manière abstraite, et pourtant elle est fondamentale dans la gestion quotidienne de l’entreprise.

Prenons l’exemple d’une entreprise de fabrication de pâtisserie industrielle : dans un premier temps, elle va acheter des matières premières (beurre, sucre, farine…) et les stocker pendant un certain temps (disons 10 jours). Puis une fois ces matières premières produites, les produits finis (gâteaux, brioches…) vont aussi être stockés (disons 5 jours). A ce stade, si l’entreprise a payé ses fournisseurs « comptant », elle a décaissé de l’argent sans rien encaisser pendant au moins 15 jours (10 + 5). Puis vient le temps de vendre les stocks. Là encore, si elle accorde des délais de paiement à ses clients, disons 30 jours, au final elle n’aura rien encaissé pendant 45 jours (15 + 30) !

C’est l’effet de ces décalages entre les décaissements et les encaissements que l’on nomme BFR.

  1. L’immobilisation

L’immobilisation est un terme comptable dont l’équivalent économique est l’investissement. L’immobilisation peut être de nature incorporelle (brevet, logiciel), corporelle (matériel, véhicule) ou financière (prêts, créances). Il est à noter que la réglementation comptable permet de comptabiliser certains investissements peu significatifs en charges et non en immobilisation.

  1. Les capitaux propres

Les capitaux propres ou fonds propres, correspondent schématiquement au capital social d’une société, auquel on ajoute le bénéfice (ou la perte) annuel. C’est un indicateur important d’indépendance financière.En effet, plus les capitaux propres sont élevés, plus la société sera en capacité de financer elle-même ses besoins.

D’un point de vue juridique, les capitaux propres représentent une dette de la société envers les actionnaires ou associés, mais qu’ils ne récupéreront qu’à la « fin de vie » de cette dernière (on parle de liquidation de la société), et après avoir payé toutes les autres dettes (salaires, emprunts bancaires, fournisseurs…).

  1. Le compte courant d’associé

Ce terme est souvent mal appréhendé et peut prêter à confusion. Précisons qu’il ne s’agit pas d’un compte bancaire, mais simplement d’un compte comptable qui permet d’enregistrer l’argent avancé par un associé à sa société. Quand un associé avance de l’argent à sa société, parce que cette dernière a des besoins de trésorerie, on dit qu’il fait un « apport en compte courant ».

Bien sûr, cet argent peut être retiré quand la situation de trésorerie de la société le permet ; on dit alors que l’associé effectue un « retrait en compte courant ». Précision importante : si un associé a tout à fait le droit d’avancer de l’argent à sa société, il ne peut pas récupérer plus que ce qu’il a avancé, cela constituerait même un délit d’abus de bien social !

Certes, la comptabilité est très normée et fait appel à des concepts plus ou moins complexes. Mais elle est avant tout un moyen de retracer la réalité de l’activité de l’entreprise, sous une forme chiffrée. Bien appréhendée, elle devient un véritable outil au service du pilotage et de la communication d’entreprise.

 

En conclusion …

Ces termes techniques ne constituent évidemment pas l’ensemble du lexique technique comptable. Cependant, ils qualifient ce qu’on pourrait appeler le « B.A-BA » des notions comptables. Des notions essentielles à connaître si vous voulez discuter comptabilité.

 

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